Cycle « Pirates »: L’ Aigle des mers, un film de Michaël Curtiz (1940)

mercredis 4 et 11 septembre 2017, 14h30, pour le Secondaire et le Primaire à partir du CM1 (film en anglais sous-titré en français)

Chef d’œuvre du film d’aventures maritimes, L’Aigle des mers de Michaël Curtiz enchantera le spectateur par ses reconstitutions spectaculaires de batailles navales et le brio d’Errol Flynn dans le rôle de Geoffrey Thorpe, corsaire missionné en 1585 par la reine Elizabeth pour empêcher la flotte espagnole d’envahir l’Angleterre…

Comme l’explique fort bien Julien Léonard dans le site dvd classik: « L’Aigle des mers est un film merveilleux, au noir et blanc raffiné et composé à la perfection. Les éclairages demandés par Curtiz font merveille et les scènes de dialogues sont aussi soignées que les scènes d’action. Se jouant de la gravité, sa caméra survole une scène de bataille navale littéralement destructrice, basant sa grammaire sur un montage respectant rigoureusement un timing précis, tout en conservant une lisibilité parfaite. Il enchaîne ainsi les effets spéciaux, entremêle les plans rapprochés et les plans larges, libère le duel des deux navires de toute contrainte technique et exécute une séquence d’abordage sans équivalent. Combats, chutes, tirs, cliquetis d’épées, corps à corps et canonnades, rien ne manque, orchestré par un maître d’œuvre précautionneux. Avec une telle ouverture, on peut légitimement se demander comment le film va tenir sur la distance. Et c’est ici que le scénario et Michael Curtiz déploient toute une part de leur génie : en ne recherchant pas la surenchère, à aucun prix. Curtiz n’a que faire de boucler son film par une scène de navire plus importante encore, de toute façon la chose est impossible. Il va donc offrir une progression intelligente à son récit, multipliant les moments de bravoure visuels (le palais de la reine, la scène des galères…) et proposant une vraie dramaturgie au public. Concernant sa science du montage et son respect du public (une belle progression plutôt qu’une surenchère d’effets, tout en maintenant l’exigence au plus haut niveau technique), et avec 70 ans d’avance, Curtiz met la honte à de nombreux réalisateurs d’aujourd’hui proprement incapables de construire leurs films dans cette optique. Une gifle monstrueuse au système actuel des studios hollywoodiens et ses films d’action épileptiques. »