Cycle “Westerns de l’annee 1950”

Au début des années 1950, les indiens commencent à avoir un rôle positif dans les westerns américains. Autrefois ennemi à abattre, rusé, insaisissable et cruel, voici maintenant l’indien doué d’une âme sensible et victime de l’injustice. Les trois films qui suivent témoignent de cette tendance nouvelle.

La Porte du Diable, un film d’Anthony Mann – Mercredi 18 novembre 2020, 14h30pour le Secondaire et le Primaire à partir du CM1 (film en anglais sous-titré en français)
Au XIXe siècle, un sergent-major de l’armée nordiste, d’origine shoshone, est de retour dans son village natal à la fin de Guerre de Sécession, au cours de laquelle il a été décoré de la Médaille d’honneur. Il découvre que le sort de son peuple, qui vivait en paix avec les habitants du village voisin, s’est aggravé et que lui-même est un citoyen américain de seconde zone, dépourvu à cause de ses origines, de tout droit civique. Quand le Wyoming devient un territoire, les Indiens perdent leur droit à la propriété, tandis que de nouveaux colons blancs arrivent de l’Est. Attirés et excités par un avocat démagogue, ils décident d’occuper les terres des Indiens, qui sont contraints de se défendre par les armes.
La Porte du diable est l’un des premiers westerns, avec La Flèche brisée sorti la même année, prenant parti pour les Indiens.
Rio Grande, un film de John Ford – Mercredi 26 novembre 2020, 14h10pour le Secondaire et le Primaire à partir du CM1 (film en anglais sous-titré en français)
Il s’agit du dernier volet de la trilogie que le réalisateur consacra à la cavalerie américaine – après Le Massacre de Fort Apache (1948) et La Charge héroïque (1949) – dans laquelle John Wayne joue à chaque fois.
Une patrouille de l’armée américaine rentre au fort, mal en point après avoir livré combat contre des Indiens. Le lieutenant-colonel York qui la mène, enrage de n’avoir pu poursuivre l’ennemi qui s’est réfugié au Mexique, de l’autre côté du Rio Grande mais il a bientôt un autre problème. En effet, son fils, dont il apprend l’échec à son examen d’entrée à West Point, vient d’entrer dans la garnison en tant que simple soldat. Peu après, la mère du soldat York arrive dans la garnison avec la détermination d’arracher son fils à l’armée.

Le film illustre un aspect de la conquête de l’Ouest. La cavalerie américaine repousse vers l’ouest et le sud les tribus autochtones, les Apaches.

 
La Flèche brisée, un film de Delmer Daves – Mercredi 9 décembre 2020, 14h30, pour le Secondaire et le Primaire à partir du CM1 (film en anglais sous-titré en français)
Ce film relate l’histoire vraie de la rencontre entre le chef apache Cochise et l’américain Tom JeffordsBroken Arrow s’inspire d’un roman écrit par le journaliste Elliott Arnold qui, grâce à une documentation d’historien et d’anthropologue, écrivit Blood Brother en 1947, un roman historique autour de la vie du chef apache Cochise.

En Arizona, en 1870, la guerre fait rage entre les Blancs et les Apaches. Ex-éclaireur pour l’armée de l’Union, désormais chercheur d’or, Tom Jeffords se rend à Tucson, appelé par le colonel Bernall. En chemin, il soigne un jeune Apache qui a été blessé par des soldats. Le garçon lui donne un talisman pour le remercier, quand quelques Apaches surgissent mais laissent la vie sauve à Jeffords. Un moment immobilisé, celui-ci assiste impuissant à l’embuscade improvisée que les Apaches tendent à des Blancs qui sont massacrés ou torturés. Les Apaches le laissent partir sans lui faire de mal…

Le film est décrit par certains comme un document ethnologique de la population indienne. Le cinéaste s’est rendu plusieurs fois en personne dans le camp des Navajos Hopi.

Delmer Daves, en s’inspirant du roman Blood Brother, ne désigne ni les Américains ni les Indiens comme ” méchants de services ” contrairement à la majorité des westerns de l’époque. Dans le film, les deux camps comportent différentes personnalités et donc différentes approches par rapport au conflits qui les opposent. Certains préfèrent l’armistice ( CochiseJeffordsHoward ) tandis que d’autres refusent de faire confiance à leurs ennemis et optent pour la violence ( Geronimo et Ben Slade )

Comme le résume le réalisateur à Bertrand Tavernier dans Amis américains : “L’on trouvait des salauds chez les Blancs, mais aussi des types recommandables, de même qu’il y avait des Indiens faméliques mais aussi des hommes en qui l’on pouvait avoir confiance. Une vérité première… À partir de ce moment, Hollywood cessa de peindre les Indiens comme des sauvages”